28.09.2008
Il est certains priapes...

Il est certains priapes dont les précoces traits
Sont d'une ardeur pressée l’infâme vérité ;
La voix de la raison ne les saurait calmer.
Avant donc que de saillir, apprenez à bander.
Selon que notre hampe est plus ou moins dure,
L’apothéose la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce qu'on apprête bien se dresse fièrement,
Et les caresses y contribuent passionnément.
Surtout qu'en vos ruades souvent oubliez
Dans vos plus grands excès de la dame se soucier.
En vain, peu vous importe le con délicieux,
Pourvu que vous empruntiez l’abîme souffreteux
Mon esprit n'admet point ce je-m’en-foutisme,
Ni d'un dard calotté l'orgueilleux altruisme.
Sans sa langue, en un mot, le fouteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un amant vilain.
Emmerdez à loisir, quelque culs qui vous pressent,
Et ne jouissez point à une folle vitesse :
Un vit si rapide, et qui mollit subitement,
Est un bien pâle ami qui n’a rien d’excitant.
J'aime mieux un pinceau qui, sur la molle arène,
Dans un pré intérieur lentement se démène,
Qu’un colosse déchaîné qui, d'un trait coléreux,
Fout, sans se soucier, sur un terrain fangeux.
Maniez-vous prestement, et, sans perdre courage,
Vingt fois dans le verger remettez votre outrage
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Foutez quelquefois, et souvent répétez. [...]
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