28.09.2008

Les Cons répondants

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La luxure est un temple où l’ondoyant clergé

Laissent parfois entrevoir d’étranges oboles ;

Le vin y saigne au cœur de la chair folle

Qui souille l’hostie sacrée du sceau du pêcher.

 

Comme ces pervers ébats du Malin qui abondent

Dans un salace et grotesque projet,

Vils comme le lucre et l’acte consommé

La sueur, le foutre, le sang sont des nectars immondes

 

Il est des plaisirs nobles comme des parfums ardents

Sucrés comme la myrrhe, tendres comme les symphonies

- Et d’autres, ternes, débiles et malodorants

 

Ayant l’érection des faibles d’esprit

Comme le caprice, l’orgie, le stupre, la décadence

Qui dépouillent l’érotisme de sa pure essence

Commentaires

Qu’il est affligeant de voir un si sublime poème détourné de façon aussi ordurière…
Apprenez, jeune fat, que Baudelaire ne se parodie pas, et relisez « le Fou et la Venus » de ses « petits poèmes en prose » et voyez comment le poète a déjà cet amer rire de lui-même. Relisez le donc, « hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ».
(parce que ce moquer de ce poème de la sorte, faut vraiment être un petit c…)

Ecrit par : Tristan | 02.11.2008

Cher Titan (car oui, vous en êtes bien un, croyez moi, pour vous permettre de me juger de la sorte)

Que vous ne goûtiez pas ce poème, c'est une chose
Que vous ne soyez pas porté à rire sur ce qui est léger et que vous trouviez cela ordurier, dégradant ou je ne sais quoi, j'arrive à le concevoir
Que vous ne perceviez pas l'ironie, ou qu'elle n'est pas selon vous justifiée, libre à vous !

En revanche, qui êtes vous, cher Titan, pour vous permettre de m'interdire ?
Je goûte et apprécie Baudelaire, que ce soient les Petits Poèmes en Prose, ou bien les Fleurs du Mal. Je n'ai pas besoin d'une leçon moralisante sur ce que je ne dois faire ou pas : dites que ceci est mauvais parce que vous n'aimez pas que l'on peigne une moustache à la Joconde, car c'est grotesque, soit ! Mais interdire Monsieur, contraindre, c'est bien pis !

Je ne prétends à rien, je n'ai aucun talents ; cependant, et c'est là que je vous en veux, vous me contraigniez. De quel droit osez-vous ?

Baudelaire ne se parodie pas ? Serait-on revenu aux saintes heures de l'Inquisition ? Très bien, j'adore le rôle de martyr ! aAors si vous l'interdisez à Fulien Jabre, interdisez à Perraut de se moquer de Boileau ! Interdisez tous ces pasticheurs, ces fanfarons, ces "fats" comme vous le dîtes ! Interdisez Jarry, interdisez Desproges ! Ces bouffonneries ne sont que ce qu'elles sont : des essais stylistique et des moments de poilantes rigolades ; si c'est pour vous de la littérature pornographique, je dirais tant pis pour moi. Mais je vous interdis à mon tour d'interdire ! Et je continuerais à commettre et à publier ces pastiches qui vous dégoutent tant !


Vous n'avez pas compris où je voulais en venir ; je pense ne pas manquer de respect à Baudelaire, que je tiens en haute estime. Je m'amuse, ne vous en déplaise, à imaginer ce que cela aurait pu donner de cette manière. Tant pis si vous ne l'aimez pas, je m'en remettrai.

Et cessez donc je vous prie ce ton pédant et condescendant que vous vous autorisez. Apprenez que pour critiquer, il faut aspirer à être irréprochable dans la forme (argumentation, écriture, respect) sinon dans le fond, ce que vous n'êtes absolument pas.

Ah monsieur, que votre monde doit être amer, pour que vous preniez le temps de critiquer un si vil poème ! Ah je vous plains mon ami...

Ecrit par : Fulien | 02.11.2008

Cher enfant,

Rappelle toi qu’il existe un système politique appelé démocratie où le pouvoir dépend de l’expression du jugement de chacun de ces citoyens, la délibération de celui-ci s’opérant à travers le vote.

J’aimerai savoir, petit roi, dans quel monde vis-tu pour penser qu’il faut une permission à l’expression. Si tu exhibes « ton art », il faut s’attendre à la critique, m’aurais tu demandé si j’avais mon autorisation de juger si mon opinion avait été élogieuse?

Que tu t’amuses, en petit gamin sans gène, à salir aussi sottement le génie c’est l’expression de ta liberté, mais que ton hypersensibilité ne se sente alors pas froissée, allant jusqu’à délirer que je veux l’étouffer et que j’en aurai le pouvoir, si on n’applaudit pas quand elle se manifeste.

Pour réagir comme je l’ai fait, il suffit d’aimer Baudelaire et ne pas aimer le caca. (relis donc « le chien et le flacon », tu trouveras ton public)

Merci par contre, mon petit, de m’apparenter à Prométhée, j’en suis fort touché, mais ma chevalerie me suffit. Ne t’en fait pas pour moi, garde tes plaintes pour les vrais malheureux, observer la souffrance te ferrait descendre de ton hybris que les dieux punissent toujours.

Ecrit par : Tristan | 03.11.2008

Cher Prométhée

Puisque apparemment touché par je ne sais quelle haute ambition vous vous permettez d'éclairer ma lanterne, permettez-moi de vous répondre encore.

La démocratie et la liberté d'expression c'est un droit, j'en conviens. Vous affirmez votre opinion ou jugement et vous en avez le droit. Ce que je n'accepte pas, c'est votre condescendance. Mon hybris dites-vous ? Alors si j'ai autant d'hybris que vous de chevalerie mon prince, qu'attendez vous ? Répondez-moi poétiquement ? Ou alors vous ne voulez pas vous rabaisser, ce que je puis comprendre. Merci de me ramener dans le droit chemin, ô moraliste ! Après avoir dignement reçu cette fessée, je ne bafouerai plus aucun auteur de mon caca, je vous l'assure ! Oui je salie "sottement le génie"! Diantre, c'est un peu fort ! Mais qui n'a jamais salie le génie ? Vous avez le droit de ne pas goûtez cela ; mais l'humilité ainsi que la compréhension du plan sur lequel je parodie Baudelaire, cela vous est inconnue. Pardonnez-moi d'être une créature rampante, ô divin astre !

Et si vous ne pouvez pas user de votre contrainte pour m'interdire, vous vous l'autorisez par le verbe. Je vous cite : "Apprenez, jeune fat, que Baudelaire ne se parodie pas". C'est bien, qui a dit cela ? Le bon sens ? Le bon Dieu ? On ne touche pas à Baudelaire, qui est une idole. Bien monsieur, vous êtes aussi tolérant dans votre démocratie que les Talibans en Afghanistan. Vous êtes une contradiction ; je vous comprends, moi aussi.

La question de l'éloge ou de blâme n'a rien avoir avec ma réaction : je me répète encore, pardonnez moi mon ignorance, mais vous prenez un certain plaisir à me rouler dans la fange. Si je suis aussi exécrable que cela, pourquoi prendre la peine de me répondre ? J'ai sûrement de l'amour propre, mais je peux parfois reconnaître mes erreurs. Si vous n'êtes pas capable de prendre ce texte comme un amusement, vous êtes un de ceux qui tout en prônant la démocratie et la liberté d'expression, la condamne néanmoins... puisque des petits roitelets comme moi en ont aussi l'usage.

Oui j'ai été touché dans mon "hypersensibilité" car je suis un être humain, sûrement pas un génie, sûrement pas Baudelaire. Evidemment que les critiques cinglantes me sont cruelles, autant que l'éloge m'est agréable. Mais il y a critique et critique. Votre premier "post" était infamant, votre deuxième à mes yeux plus juste. Mais toujours aussi condescendant. Et cela je ne peux le permettre, car plus que le poème c'est moi que vous voulez dégradez. Voilà ce que je pense. Et je ne me répèterai plus.

Ah oui, j'oubliais. question d'hybris, vous n'êtes pas mal non plus !

Sans rancunes aucunes

PS : vous n'avez pourtant pas l'air de résonner comme une cruche, mais pourquoi être aussi étroit d'esprit ?

Ecrit par : Fulien | 03.11.2008

Ah j'oubliai : ma parodie n'a qu'une visée comique, et pas du tout polémique. Je ne me moque pas de Baudelaire, je tiens à faire rire. Bous ne riez pas, tant pis, je conçois que cela ne peut-être drôle. Mais mon intention n'était pas de salir Baudelaire.

voilà pour cette précision. et que vous le croyez ou non, j'ai beaucoup d'admiration pour Baudelaire que je relis souvent. Merci cependant de vouloir vous attacher à former mon esprit ; c'est une tâche bien ingrate pour vous.

Et riez un peu, cela vous détendra les zygomatiques ainsi que le boyau cullier...

Ecrit par : Fulien | 03.11.2008

Mon garçon,

J’ai hésité à te répondre, parce que je ne suis pas sûr que tu comprennes bien mes propos… j’ai beau avoir goût à la joute (et ma chevalerie s’arrête là, Tristan n’étant qu’un surnom qui me passait par la tête à ce moment… j’osai espérer qu’on connaisse encore ce personnage rallié à la matière Arthurienne… apparemment non…) j’ai beau avoir goût à la joute disais-je, là j’abandonne…

Alors je vais faire comme tu me perçois, c’est à dire, le pédagogue -et cela ne te sera pas étranger, vu que ce genre de préoccupations (re)naquit pleinement à la même époque que le bon Rabelais et son rire érudit -que tu pastiches assez bien avec ton « Bourrin » d’ailleurs-

Si je t’ai parlé de la démocratie, ce n’est pas pour cet argument creux de la « liberté d’expression » mais pour répondre à ton délire -très courant malheureusement- sur le jugement.
Et oui, tu n’es malheureusement pas le premier à me sortir cette rhétorique préfabriquée du « t’es qui pour juger ? »…
Triste preuve qu’on ne vit plus aujourd’hui dans une démocratie mais dans une de ses caricatures -en plus faut voir la gueule des élus…- quand les citoyens qui la constituent sont abreuvés de TF1 (où l’on parle des méchants talibans) et on pour toute lecture des trucs du genre psychologie magazine (« arrêtez de tout juger » en couverture ce moi-ci) et de temps en temps Charles, pour la ramener…

Fini l’esprit des Lumières, la défense de la faculté de juger, le refus des arguments d’autorité, l’esprit critique, la recherche de la constitution de l’émancipation intellectuelle d’un individu (plus besoin de Dieu pour avoir le droit de penser par soi-même) etc…

Bienvenue dans le nouvel obscurantisme de la société permissive. Libres propos obscènes, ah ça oui! Mais libre pensée et expression d’un jugement, non! On ne garde du libertin que ses mœurs libres, lui qui était avant tout un penseur libre.

Quant à mon premier message…
Quand j’ai lu ta parodie, j’ai imaginé un lycéen qui n’a de connaissance sur le poète que l’étude qu’on lui a fait de ce texte, sans avoir même saisi le caractère érotico-malsain qu’il contient (« les parfums frais comme des chairs d’enfants » par exemple) et qui pond comme ça un truc bien gras, se figurant déflorer un Grand et le mettre à son rang… Je ne peux assurément pas supposer quelqu’un qui aime Baudelaire mais qui le méprise et le ridiculise parce qu’il le méconnaît; sinon tu aurais vu comme le poète est capable de se parodier lui même, et avec une ironie bien plus cruelle et plus frappante, combien la lubricité de sa charogne (« tes cons répondant, » c’est pour les enfants de cœurs) parodie avec génie l’éloge amoureux…

Au final, le problème n’est pas tant la publication de ta parodie, mais qu’elle soit nulle.

P.S.: je reconnais tout de même un certain fair-play à avoir laissé mes messages... Le plus souvent on est pas aussi scrupuleux quand quelqu'un nous ennuit...

Ecrit par : Tristan | 05.11.2008

Ah j’oubliais: certains considèrent QUE « le grand rire de Rabelais », grivois et paillard, possède une lourdeur égale à la mélancolie profonde qu’il cherche à cacher…
Alors mon ami, pleure un bon coup! Ça te soulagera après…
Et si je peux me permettre une déduction de psy à deux balles, ce serait pas pour oublier une bête histoire d’amour que tu t’étends en tant en obscénités?
Alors pleure un bon coup et après va lui dire que tu l’aimes et quelle te manque ou quelque chose du genre, plutôt que te défouler sur Charles!

Ecrit par : Tristan | 05.11.2008

Et bien voilà, enfin on en vient au fait : vous trouvez cette parodie "nulle". C'est tout ce que je voulais entendre.

Ensuite, ne vous en déplaise, j'ai étudié Baudelaire, et bien au-delà du lycée. Je me répète, je n'ai pas voulu l'offenser ou le mettre à mon range, non je n'ai pas cette prétention et cette vanité, et je sais également que le poète avait lui-même un regard critique sur son oeuvre et sur la condition de poète...

Je pense en effet que vous avez raison : cette parodie n'est vraiment pas la meilleure de mes oeuvres, j'en conviens. Mais ce que vous n'avez toujours pas saisie, c'est que ce pastiche n'est ni moqueur ni infamant, juste de la mauvaise poésie. Nulle offense de ma part à ce cher Charles donc...

Je vous rejoins sur le constat de la démocratie bafouée... ainsi que sur le jugement. Je ne m'inscrivais cependant pas là dut tout en libertin (qui est d'abord, comme vous le dîtes justement, est avant tout une "pensée", un système cohérent, une fronde politique en sommes contre cette "absolutisme obscurisant".

Voyez que je sais reconnaître mes torts, et cela n'est pas un marché. Je n'attends rien en retour, sinon que vous constatiez qu'en bon chevalier que vous êtes (et encore ici permet moi de te dire qu'il n'est pas nécessaire que tu m'expliques ce qu'est la chanson de geste ou l'épopée arthurienne, je m'en suis suffisamment nourri pour pouvoir chier le Graal pendant deux décennies) je ne suis pas celui que vous croyez pourfendre. Mais bon, encore votre cause et honnête et juste, mais là monsieur je ne suis qu'un moulin...

Ah oui j'oubliais : ce n'est pas parce qu'on m'attaque ou qu'on me critique que j'efface les remarques. Elles sont parfois constructives, comme votre dernière missive.

Sur-ce, j'espère tout de même que vous oserez goûter les autres forfanterie que j'ai osé commettre.

Et pour la psychologie à 2 balles, en effet vous avez tort. Mais ça on le fait tous. J'étais grivois avant, je suis dans un "trip" salace et grotesque que voulez-vous. Ah la jeunesse...

Ecrit par : Fulien | 05.11.2008

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