03.10.2008
La complainte de Dame Grursine
La complainte de dame Grursine
L’an deux mil six de nostre ère, en l’abbaye de Saint-Sauteur, à Caen
Je, Fulien Jabre, escollier et troubadour
Une ballade de geste, de nostre époque
M’en vais chanter, conter à la haute cour
De fierté et d’arrogance, une jeune fille
Aux longues dents, ainsi éstoit dame Grursine
Et l’on chantoit en Beuzeville-la-Bastille
« Trois qui la tiennent, deux qui la pinent »
Un Bouillon devant Jérusalem, ou
Le du Guesclin devant les bretons
N’estoyent point plus téméraires
Que Dame Grursine aux durs tétons.
Fi,
En ce temps que j’ay dit devant,
Sur le noël, morte saison,
La dame, s’ennuyoit, se lamentant
Que l’hiver venu les chibres des bouffons
N’estoyent point bien nerveux
« Ah, mais pourqoy mon bon dieu,
Me punissyez vous ainsi fait,
Je suis pieuse et dévote
Et bien que mes mœurs soyent délabrés
Jamais ne pète ni ne rote »
Le bon Dieu, qui estoit bien coquin
Sachant que la dame point ne mettrait bas
« Elle conoît les funestes secrets la catin! »
Geuloit-il a Pierre le saint, qui estoit là
Et jura que la bougre jamais plus ne baisoira.
« A quoi sert un con, si on prohibe les ébats ? »
Demanda dame Grursine à nostre seigneur
« Car Dame Nature ne m’a point pourvu ici-bas
Des grosses et tendres mamelles du bonheur.
Je n’ay que ce con comme bien, et sa toison ! »
« Oy ! Ci-fait ma décision, tu t’y tiendras
Chaste tu resteras, et te rappelant
Ma Volonté, on rebaptisera la rue des tes ébats
Autrefois susnommé la rue du pélican,
La ‘‘rue du poil de con’’. Sur-ce merdre ! »
A vrai dire, ce Père-là n’aimoit point perdre la face
Quand de quelconques grognasses
Profitoyent de sa bienveillance pour commettre leurs méfaits
Ainsi dame Grursine sous la menace
Se tut, s’en fut, mais jamais plus ne se fit mettre.
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